[CABEE Fiche n°4] Choisir l’accompagnement, les atouts de la démarche

Article écrit le 25/02/2015 par Ludovic Gicquel , catégorie Ressources

12-04-03_CABEE-logo-grCe 4ème axe fait le point sur les résultats obtenus par l’accompagnement socio-technique des 5 bâtiments performants du Nord Isère, dans le cadre de CABEE.

Les limites de l’évaluation quantitative

Dans le cadre du projet CABEE, il ne nous a pas été possible d’évaluer quantitativement la réduction de consommation d’énergie que l’accompagnement a permis. 3 raisons principales :

  • L’absence quasi systématiques de données exploitables, notamment sur l’objectif énergétique à atteindre.

  • Des contextes où il n’y avait pas vraiment de problème d’usage

  • Une temporalité trop courte pour percevoir des résultats (moins d’un an)

Prise de conscience des enjeux par le gestionnaire

La méthodologie utilisée pour l’accompagnement passe par une phase de diagnostic technique et humain, et une phase d’analyse. Le diagnostic opéré par un tiers extérieur offre un miroir sur les dysfonctionnements techniques et humains et les potentiels d’amélioration.

Cette compréhension de ce qui se vit, aide à la prise de conscience des problématiques de l’usage et donc à des changements sur différents plans entre les parties prenantes de l’usage.

Meilleure appropriation des occupants

Globalement, l’accompagnement a permis aux occupants :

  • D’avoir une meilleure compréhension technique du bâtiment et plus de conscience dans les pratiques énergétiques. Cela est notamment passé par la co-construction d’un mode d’emploi du bâtiment pour une école ;

  • D’améliorer le contrôle / la confiance sur leur bâtiment, et ainsi leur niveau de bien-être ;

  • D’avoir un nouveau cadre d’expression / de créativité sur la question de l’usage.

Autonomisation des gestionnaires

La formation du début de projet, puis l’accompagnement en étroite collaboration avec les gestionnaires, ont permis de faire évoluer leur représentation sur la prise en compte de l’occupant :

  • au niveau de la forme (mode de réunion, écoute, etc.)

  • comme au niveau du fond (méthodologie, définition des objectifs).

A l’issue du projet, on peut dire qu’ils avaient une vision bien plus claire sur l’accompagnement de l’usage, et sur les prochaines étapes à franchir. Le cas échéant, ce projet permet la réplication de cet apprentissage pour d’autres opérations conduites par les gestionnaires.

Témoignages

Gestionnaire de bâtiment administratif

« L’accompagnement a permis de :

  • connaître tous les problèmes rencontrés par les usagers

  • instaurer un vrai dialogue, un fonctionnement plus réactif et efficace pour gérer les problèmes et limiter les tensions

  • informer largement sur les limites du système en terme de confort

  • développer une méthode qui apporte plus de fluidité dans les relations, plus d’efficacité dans les relais d’information »

Chargée de mission DD de mairie

« Le projet a permis un réel apport méthodologique pour arriver à impliquer les personnes dans le bâtiment, pour qu’ils en soient acteurs. Par exemple avec la co-rédaction du guide d’utilisation de l’école maternelle. Maintenant j’y vois plus clair et j’ai des outils pour prolonger la démarche dans ce bâtiment ou ailleurs.»

Responsable d’agence d’un bailleur social

« La démarche CABEE a été l’occasion de rencontrer différents acteurs pour échanger sur la problématique de l’usage, et de s’approprier de nouvelles expériences. Nous avons pu élargir en interne la réflexion notamment sur les modes de mobilisation.

Suite à cette dynamique, nous testons actuellement une nouvelle forme de concertation sur une autre opération, en posant le diagnostic d’usage avant même la phase de travaux. »

Les 4 idées à retenir

  1. Évaluation quantitative : le contexte ne s’y prête pas toujours

  2. Prise de conscience des problématiques : effet miroir du diagnostic qui présente les dysfonctionnements et améliorations

  3. Amélioration de la relation usagers / bâtiment : confiance, meilleure compréhension, nouveau cadre opérationnel

  4. Gestionnaires impliqués et plus autonomes : ils sont lancés sur des rails pour continuer la démarche sur le bâtiment et sur d’autres.