Journée « Bâtiment intelligent et qualité d’usage » du 12 décembre  : ce que nous en retenons

Article écrit le 18/12/2013 par Ludovic Gicquel , catégorie Ressources

journee BBDDans ce compte-rendu tout à fait sélectif, nous nous contenterons de revenir sur des éléments apportés par 4 intervenants du matin, qui donnaient un cadrage plutôt général.

Le contenu de l’après-midi, fourni par des acteurs locaux, rentre moins dans la ligne de cet article.

Smart what ?

Le bal a été ouvert par Olivier Cottet, directeur stratégie et marketing du programme Homes. Pour lui, un bâtiment intelligent est avant tout obéissant, simple et communiquant.

Il nous a invité à un inversement de posture pour piloter l’énergie dans les bâtiments : partir des services énergétique à rendres (comme le confort thermique à tel endroit à tel moment), c’est à dire « gérer » les usages, pièce par pièce, et oublier le raisonnement par lot « clim » ou « chauffage ». Ainsi, pourquoi ne pas couper la ventilation quand la qualité de l’air est bonne ?

Et c’est dans un deuxième temps qu’il propose d’optimiser l’enveloppe du bâti et ses systèmes techniques qui délivrent l’énergie.

On pourrait faire le parallèle avec la démarche négaWatt qui vise d’abord à la sobriété des usages avant de s’attaquer à l’efficacité et à l’approvisionnement énergétique.

Vers une qualité d’accueil

Véronique Girard, psychosociologue « terrain » depuis 30 ans, n’aime pas le terme « qualité d’usage ». C’est une qualité d’accueil qu’elle promeut – notamment dans les écoles. Et celle-ci advient à l’intersection du cadre matériel, des besoins humains et du projet de l’organisation en place.

intérieur voluptueux

Elle nous a expliqué que notre environnement, qu’il soit physique ou relationnel, participe à notre propre construction. Et notre ressenti de l’espace se fait souvent sans conscience. En ce sens, Véronique Girard insiste sur la force éducative de l’architecture et sur l’importance de replacer les espaces et les humains avant la technologie.

Être vivant dans son espace…

Elle nous a fait plonger dans les besoins humains : n’avons-nous pas besoin de volumes, de couleurs vives ou de diversité de matières ? Être vivant, n’est-ce pas être en mouvement ?

Construire un bâtiment carré, uniforme, aux espaces exigus, qu’est-ce que ça veut dire sur nous-même ?

Nos besoins sont avant tout qualitatifs. Les contraindre à un nombre de lux ou de décibels présente de sérieuses limites qu’il faut garder en tête. Car le bien-être ne se mesure pas, il se voit, il se ressent.

Ainsi, elle nous a fait le cadeau de revenir à l’essentiel : voulons-nous seulement faire bon usage d’un bâtiment, c’est à dire réduire sa vie en son sein à des aspects fonctionnels ? Ou bien y modeler un accueil qui fasse résonner notre humanité ?

L’humain au centre

Bruno Georges, du bureau d’étude ITF, invite magistralement ses homologues ingénieurs à sortir de leurs œillères énergétiques. Il promeut un « penser global » et conclut par une citation d’Albert Jacquard particulièrement adaptée à cette journée – et à ce que prêche Vie to B depuis deux ans : « C’est l’homme qui doit être au centre de tout projet ».

Christian Charignon, du cabinet Tekhnê Architectes, nous invite lui aussi à une prise de recul. Par exemple, l’énergie grise des bâtiments (celle utilisée pour la fabrication et l’acheminement des matériaux qui les composent) est selon lui une problématique trop peu abordée aujourd’hui.

Il regarde les faits en face : dans les projets d’aujourd’hui, les consommations énergétiques théoriques ne sont jamais obtenues. Et pour cause, notamment, la segmentation des compétences. L’humain est le nœud du problème… et de la solution. D’ailleurs, à la performance énergétique il préfère la performance d’habitabilité.

Merci à Bourgogne Bâtiment Durable

Cette journée à Dijon a été dense et le public nombreux (essentiellement bourguignon). Pour une vision plus exhaustive de la journée, nous recommandons la lecture du cahier technique que vous trouverez en ligne.